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    Grand Tortue Ahmeyim: dix ans après l’accord, où en est la part de la Mauritanie
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    L’Assemblée nationale a tenu, lundi soir, une séance publique consacrée aux réponses du ministre de l’Énergie et du Pétrole, M. Mohamed Ould Khaled, à une question orale de la députée Mouna Mint Dey, axée sur les retards dans l’exploitation de la part mauritanienne du gaz extrait du champ Grand Tortue Ahmeyim (GTA).

    La députée a rappelé que le contrat signé avec la société BP il y a plus de dix ans prévoyait que l’opérateur fournisse à la Mauritanie du gaz destiné à la consommation locale, laissant à l’État la charge de son exploitation. Elle s’est interrogée sur l’utilisation concrète de cette ressource et l’absence d’infrastructures essentielles, notamment de centrales électriques adaptées, malgré une décennie écoulée depuis la signature de l’accord.

    En réponse, le ministre a défendu la stratégie nationale, soulignant que la Mauritanie est aujourd’hui un pays exportateur de gaz naturel liquéfié grâce au projet GTA, mené en partenariat avec le Sénégal. Il a rappelé que le plan de développement adopté en 2019 prévoit une dotation quotidienne de 35 millions de pieds cubes de gaz pour chaque pays, livrés en mer, à environ 10 km des côtes, chaque État devant construire ses propres infrastructures de réception et d’utilisation.

    M. Ould Khaled a précisé qu’un plan directeur du gaz a été élaboré dès 2020 pour définir les scénarios les plus viables économiquement, incluant l’analyse comparative avec d’autres sources potentielles comme le champ Banda. À l’issue de ce travail, un appel d’offres a été lancé pour la construction d’une centrale électrique au gaz d’une capacité de 230 mégawatts. Les offres sont actuellement à l’étude, et un opérateur sera sélectionné dans les mois à venir.

    Le ministre a insisté sur le fait que ce projet sera financé dans le cadre d’un partenariat public-privé, sans recours à l’endettement. Il a également mis en avant les efforts de transparence du secteur, notamment via la publication annuelle des rapports de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE) et la gestion du Fonds national des revenus du pétrole et du gaz, créé en 2006.

    Tout en affirmant que la stratégie gouvernementale vise à maximiser les retombées économiques et sociales du secteur gazier, le ministre a reconnu implicitement que la valorisation concrète de la part mauritanienne du gaz reste conditionnée à la mise en œuvre d’infrastructures encore en phase de préparation.

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