Le ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’extérieur, Mohamed Salem Ould Merzoug, se trouvait à Washington la semaine dernière, un déplacement qui explique son absence lors de la présentation de la déclaration de politique générale du Premier ministre devant l’Assemblée nationale.
Selon des sources diplomatiques concordantes, ce séjour dans la capitale américaine s’inscrivait dans le cadre d’échanges diplomatiques non publics portant sur le dossier du Sahara occidental, menés en dehors du processus onusien formel. Ces discussions auraient réuni des interlocuteurs américains et plusieurs acteurs régionaux concernés par le conflit, dans un format confidentiel.
La présence du chef de la diplomatie mauritanienne à Washington intervient dans une séquence diplomatique plus large marquée par une activation de canaux bilatéraux parallèles par l’administration américaine, sous l’impulsion du président Donald Trump, visant à reconfigurer le traitement du dossier sahraoui hors du cadre des Nations unies. Cette dynamique s’est traduite par des consultations séparées avec les différentes parties, sans cadre multilatéral structuré.
Dans ce contexte, la Mauritanie apparaît comme un acteur discret mais stratégique, en raison de sa position officielle de neutralité et de sa proximité géographique et politique avec les parties concernées. La participation d’Ould Merzoug à ces échanges suggère une implication directe de Nouakchott dans ces tractations parallèles, même si aucune communication officielle n’a, à ce stade, précisé la nature exacte de la mission ni les positions défendues.
Aucune déclaration du ministère des Affaires étrangères n’est venue confirmer ou infirmer le contenu de ces discussions. Toutefois, la sensibilité du dossier du Sahara occidental et la nature confidentielle des consultations engagées expliquent le recours à des canaux diplomatiques fermés, loin des agendas publics.
À ce stade, aucun accord ni avancée formelle n’a été annoncé, mais la présence du chef de la diplomatie mauritanienne à Washington, à un moment clé de recomposition des initiatives diplomatiques autour du Sahara occidental, alimente les interrogations sur le rôle que la Mauritanie pourrait être appelée à jouer dans cette nouvelle phase du dossier.

