Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a affirmé samedi 14 février 2026, à l’ouverture de la 39ᵉ session ordinaire de l’Assemblée de l’Union africaine, que l’Afrique demeurerait « la priorité numéro un » des Nations Unies jusqu’à la fin de son mandat, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les crises sécuritaires et les déséquilibres financiers.
Qualifiant l’UA de « bastion du multilatéralisme » dans un monde fragmenté, le chef de l’ONU a défendu une réforme de la gouvernance mondiale, estimant « indéfendable » l’absence de sièges permanents africains au Conseil de sécurité. Il a appelé à une représentation plus équitable du continent dans les instances de décision internationales.
L’eau, enjeu de développement et de stabilité
Les travaux du Sommet s’articulent autour du thème 2026 consacré à la disponibilité durable de l’eau et à l’assainissement sécurisé. Le Président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a présenté la ressource hydrique comme un levier de croissance économique, de cohésion sociale et de prévention des conflits.
Ce choix thématique fait écho à la Conférence des Nations Unies sur l’eau prévue du 2 au 4 décembre 2026, coorganisée par le Sénégal et les Émirats arabes unis, confirmant la centralité des enjeux hydriques dans l’agenda continental et international.
Paix et sécurité : pression accrue au Sahel
Sur le plan sécuritaire, António Guterres a plaidé pour un soutien « prévisible et durable » aux opérations de paix menées par l’UA, évoquant les crises persistantes au Soudan, en République démocratique du Congo, en Libye et en Somalie. Il a également insisté sur la nécessité d’une action coordonnée en Afrique de l’Ouest et au Sahel pour rompre les cycles de violence et d’instabilité.
Architecture financière et climat : appel à des réformes structurelles
Sur le volet économique, le Secrétaire général a souligné le déficit annuel de financement des Objectifs de développement durable, estimé à 4 000 milliards de dollars pour les pays en développement. Il a appelé à tripler la capacité de prêt des banques multilatérales et à réformer l’architecture financière internationale afin d’accroître la voix des pays africains.
Concernant le climat, il a rappelé que les pays du G20 concentrent près de 80 % des émissions mondiales, tout en soulignant que l’Afrique, qui dispose d’environ 60 % du potentiel solaire mondial, ne capte qu’une part marginale des investissements dans les énergies propres.
Transition à la tête de l’UA
La cérémonie d’ouverture a également marqué la passation officielle de la présidence tournante de l’UA du Président angolais João Lourenço au Président burundais Évariste Ndayishimiye pour l’année 2026.
En clôturant son intervention, António Guterres a rejeté toute idée de départ symbolique, affirmant que son engagement envers le continent ne constituait « pas un adieu », avant de conclure par une formule en portugais : « Africa Sempre ».


