Le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Sidi Ould Tah, a présenté sa vision d’une transformation structurelle du financement du développement en Afrique, à l’occasion de sa première allocution officielle devant la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine (UA).
Intervenant lors du 39ᵉ Sommet de l’UA, il a exposé les fondements de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), conçue comme un instrument de réorganisation systémique des mécanismes de mobilisation et d’allocation du capital sur le continent.
Selon lui, l’Afrique ne souffre pas d’un déficit d’ambition ni d’un manque de ressources, mais d’une structuration inadéquate du risque et du capital. « Le problème n’est pas un manque de ressources. C’est l’architecture du risque et du capital », a-t-il affirmé, appelant à une refonte des instruments financiers afin d’assurer une mise en œuvre efficiente des priorités de l’Agenda 2063.
Une stratégie en quatre axes structurants
La vision défendue par Sidi Ould Tah s’articule autour de « Quatre points cardinaux », présentés comme le cadre stratégique du Groupe de la Banque.
Le premier vise à mobiliser le capital africain, en orientant davantage l’épargne domestique, les fonds de pension et les investisseurs institutionnels vers le financement des infrastructures et des projets productifs.
Le deuxième axe porte sur la reconstruction de la souveraineté financière du continent, à travers la NAFA, appelée à renforcer la capacité de l’Afrique à lever et déployer des ressources à grande échelle, tout en consolidant son poids dans la gouvernance financière mondiale.
Le troisième point met l’accent sur la valorisation du dividende démographique, en soutenant l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes et en développant des chaînes de valeur régionales intégrées.
Enfin, le quatrième axe concerne la mise en place d’infrastructures résilientes à forte valeur ajoutée, considérées comme un levier d’industrialisation et d’intégration économique continentale.
Pour le président de la Banque, la NAFA marque un passage « de la fragmentation à la coordination » et « de la dépendance aux capitaux extérieurs à la souveraineté financière », en privilégiant une approche systémique plutôt que des transactions isolées.
Le 39ᵉ Sommet de l’UA, tenu les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba, était consacré à l’eau et à l’assainissement dans le cadre de l’Agenda 2063.
Les chefs d’État ont salué la stratégie présentée par Sidi Ould Tah et lui ont demandé un rapport d’étape sur la mise en œuvre de la NAFA dans les six mois.

