La Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a engagé plusieurs chantiers de transformation du secteur financier, allant de la réforme du cadre bancaire à la modernisation de ses systèmes internes, selon le numéro 12 de sa lettre d’information, publié en août 2026.
L’un des principaux axes porte sur un programme de réforme du cadre bancaire et financier confié à quatre cabinets internationaux. Lazard intervient sur la consolidation du secteur bancaire, A&O Shearman sur l’élaboration d’un nouveau code monétaire et financier, Hughes Hubbard & Reed sur la mise en place d’un cadre de résolution bancaire, tandis que Clifford Chance accompagne la création d’un marché secondaire des créances en souffrance.
Le calendrier prévoit notamment le cadrage du nouveau code monétaire et financier en septembre 2026, les premières instructions relatives au cadre de résolution bancaire d’ici fin 2026, ainsi que l’achèvement, en novembre 2027, de la mission consacrée au marché secondaire des créances en souffrance.
La BCM poursuit parallèlement la modernisation de son fonctionnement interne. Elle indique avoir adopté les normes IFRS à partir de l’exercice 2023, avec trois exercices successifs certifiés sans réserve. Son nouveau Core Banking System, dont les premiers modules ont été mis en production en octobre 2024, doit progressivement centraliser les opérations comptables, les paiements, les réserves internationales et plusieurs fonctions administratives.
La Banque fait également état de plus de 270 processus documentés, de plus de 90 collaborateurs mobilisés et de plus de 100 ateliers organisés dans le cadre de la refonte de son manuel de procédures.
Sur le volet numérique, la BCM indique disposer depuis janvier 2024 d’une plateforme centralisée de gouvernance des données regroupant plus de 78 millions d’enregistrements et près de 49 500 comptes rattachés aux référentiels, avec un taux annoncé de fiabilisation de 99,8 % après traitement automatisé.
L’institution poursuit par ailleurs ses travaux sur la monnaie numérique de banque centrale, avec une phase de tests en environnement Sandbox, ainsi qu’un programme Fintech consacré notamment au crédit digital, au paiement fractionné et au financement participatif.
Enfin, dans le cadre de l’évaluation des dispositifs de sauvegarde menée par le FMI en juillet 2026, la BCM indique que 12 des 16 recommandations formulées en 2023 ont été entièrement mises en œuvre, les quatre restantes étant présentées comme non prioritaires et partiellement exécutées ou remplacées dans le cadre de l’évaluation de 2026.

