L’autonomisation économique des femmes est un processus par lequel elles peuvent accroître leurs possibilités d’intervenir dans certains aspects de la vie sociale, en général, et dans les activités économiques, en particulier. Cette intervention sera de nature à les aider à passer d’une position économique fragile à une position qui les rende plus efficaces dans leur activité économique, afin qu’elles soient avant tout indépendantes. La participation des femmes à la vie économique et l’accroissement de leur pouvoir d’action dans ce domaine sont essentiels pour renforcer leurs droits et leur permettre d’avoir la maitrise de leur vie et d’exercer une influence au sein de la collectivité nationale. Cela nous pousse à réfléchir à ce que pourrait signifier la pleine inclusion économique pour les femmes. Alors que la nécessité de promouvoir l’autonomie des femmes et de faire atteindre les objectifs de développement tels que la croissance économique, la réduction de la pauvreté, la santé, l’éducation et le bien-être est de plus en plus reconnue à travers le monde, il est important d’avoir un portrait actuel de l’autonomisation économique des femmes sur le marché de l’emploi.
Je trouve que l’autonomisation des femmes est un concept à multiples facettes qui a été quantifié, mesuré et décrit selon différentes approches. Cela signifie : atteindre l’égalité d’accès et de contrôle des ressources économiques, exercer un contrôle accru sur les différents aspects de leur vie.
Les femmes ayant un pouvoir économique apportent une contribution substantielle à leur famille, à la société et à l’économie nationale. La participation des femmes au marché du travail a augmenté de façon considérable depuis les années 1960. Cette hausse est due à la fois à l’augmentation de la proportion de femmes employées et à la scolarisation des filles.
Par ailleurs, l’entrepreneuriat féminin, considéré comme un facteur favorisant l’autonomisation économique des femmes est de plus en plus reconnu à travers le monde. L’entrepreneuriat des femmes est largement reconnu comme un moteur essentiel de la mobilité économique, de l’accumulation de richesses et de la création d’emplois.
De plus, l’autonomisation économique des femmes augmente si l’on tient compte du fait qu’elle n’affecte pas seulement le développement économique : elle s’étend au développement dans sa dimension globale, depuis l’environnement où la femme vit, à la hauteur de l’État auquel elle appartient, d’autant plus que la question de l’égalité des sexes n’est plus seulement un droit.
Le militant des droits de l’Homme appelle, quant à lui, au renforcement des droits de la moitié silencieuse de la société car celle-ci est moins chanceuse en matière d’éligibilité électorale, en plus de la transformation observée dans son statut et son rôle dans la famille où se développe un modèle qui s’éloigne progressivement du système patriarcal, tandis que la vitalité de la Société civile qui l’accompagne voit émerger de nombreuses associations concernées par les questions féminines, Cela a abouti à l’adoption d’un ensemble d’initiatives et de mesures, tantôt en forme de stratégies publiques, tantôt sous forme de programmes et politiques sectoriels, dont le but ultime est d’améliorer l’activité et le rôle économique des femmes.
Afin d’alimenter ce sujet, nous allons maintenant l’aborder selon deux axes.
Premièrement : gains = réalisations :
Le modèle initial de développement avait identifié, parmi ses choix stratégiques, l’autonomisation des femmes avec indépendance et garantie de l’égalité des sexes. Sa plus récente version cherche à accroître la participation des femmes dans le domaine économique, politique et social.
Les indicateurs de résultats de ce nouveau modèle ont identifié une nette augmentation du pourcentage de femmes actives. Fixé à 22% dans les dernières statistiques de 2019, 50% constitue l’objectif stratégique pour 2035, dans le but de développer l’économie nationale et de la transformer en une économie caractérisée par la multiplicité des activités et la compétitivité, en intégrant la population active dans le marché du travail, en particulier les femmes, en supprimant les barrières qui limitent leur participation aux activités économiques, en renforçant leur protection sociale et en développant des services et infrastructures qui leur permettent de participer. Il s’agit par ailleurs d’assurer l’égalité des salaires et un accès équitable aux opportunités d’emploi dans le secteur public, en prendre des mesures concrètes pour atteindre des quotas de participation aux conseils d’administration des entreprises et aux organisations syndicales, tout en accordant des incitations fiscales au bénéfice des employeurs qui respectent le principe de parité entre les sexes.
Mesures inscrites au programme gouvernemental :
Fort de son engagement à élever le pourcentage d’activité des femmes à 50% au lieu des 30% actuels, notre pays a lancé un ensemble de programmes et politiques sectoriels, avec notamment un partenariat entre l’autorité en charge de la solidarité et de la famille et les entités territoriales, avec l’objectif de renforcer l’inclusion économique des femmes et de les accompagner dans leurs projets individuels ou collectifs. Il vise surtout les femmes en situation difficile ou de vulnérabilité, en leur offrant des opportunités accrues d’emploi ; la promotion de l’entrepreneuriat et de la culture entrepreneuriale ; le renforcement de leurs capacités de gestion et de marketing dans la gestion de projets ; l’amélioration de leurs expériences et de leurs compétences dans le domaine de l’entrepreneuriat. Dans le même contexte, ont été adoptés le cadre stratégique pour l’égalité et la parité à l’horizon 2035, ainsi que le troisième plan gouvernemental pour l’égalité 2023-2026, autour de trois axes : autonomisation et leadership ; protection et bien-être ; droits et valeurs.
Le programme évoqué ci-dessus vise à prendre des mesures pour renforcer les capacités des femmes dans le domaine de la gestion d’entreprise et du marketing électronique, encourager les organisations professionnelles féminines agricoles, en facilitant notamment l’enregistrement de coopératives à telle enseigne, et multiplier les formations qualifiantes. Un Comité national pour l’égalité et la promotion des droits des femmes a été également fondé. Ses missions consistent notamment à proposer des mesures nécessaires à l’autonomisation des femmes dans les domaines économique et politique, en particulier celles visant à augmenter leur taux d’activité en ces domaines.
Mesures juridiques et législatives :
Pour faire les choix les plus audacieux en faveur de l’autonomisation économique des femmes, de nombreuses mesures juridiques parallèles ont été prises dans le but de perpétuer la volonté d’encourager la présence effective des femmes aux postes de décision économique. Quant au niveau de propriété de terres par les femmes rurales, notre pays a déployé des efforts exceptionnels pour les autonomiser, faisant en sorte qu’elles bénéficient, sur un pied d’égalité et sans discrimination, de tout ce qui relève de la propriété des groupes dynastiques.
Au cours des dernières décennies, les femmes ont enregistré des progrès notables en matière d’autonomisation économique, notamment en ce qui concerne la participation au marché du travail, les salaires et l’entrepreneuriat. Ces progrès soulignent le rôle essentiel que jouent les femmes dans l’évolution du paysage économique et démontrent l’importance de poursuivre les efforts en vue d’une plus grande inclusion et d’une plus grande autonomisation.
Notre pays a enregistré l’une des plus fortes croissances économique du continent. Une bonne santé qui devrait se poursuivre dans les années à venir, avec un taux de croissance du PIB de plus de 10% par an. Mais, si nous souhaitons hisser notre pays parmi les grandes puissances de ce monde, nous ne pourrons le faire sans la contribution des femmes. Pour finir, la participation des femmes dans tous les domaines de la société est essentielle pour créer un changement majeur et durable, dans leur intérêt et celui de tous. Aucun développement ne peut être envisagée en laissant de cotées les femmes et les filles
CHEIKH AHMED OULD MOHAMED
INGÉNIEUR
CHEF DU SERVICE ÉTUDES ET DÉVELOPPEMENT
ÉTABLISSEMENT PORTUAIRE DE BAIE DU REPOS
NOUADHIBOU

