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    Mauritanie : qui sont les nouveaux acquéreurs de Société Générale Mauritanie ?
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    La finalisation de l’acquisition de Société Générale Mauritanie (SGM) par le consortium Enko Capital – Oronte met en lumière trois profils complémentaires : Alain Nkontchou, Cyrille Nkontchou et Éric‑Bastien Ballouhey. Outre la cession des onze agences et des quelque 40 000 clients de la filiale mauritanienne , ces dirigeants veulent positionner la banque comme un levier de financement pour les secteurs stratégiques du pays (mines, gaz, agriculture, PME) .

    Alain Nkontchou : Stratège des marchés et de la dette

    Co-fondateur et Managing Partner d’Enko Capital, Alain Nkontchou supervise l’ensemble des stratégies de dette et conseille l’équipe de private equity. Avant de créer Enko en 2008, il a dirigé le Global Macro Trading chez Credit Suisse à Londres (2005), après avoir occupé des fonctions similaires chez JP Morgan dès 2002 et être passé par BlueCrest Capital Management en 2001 . Son expérience cumulée de plus de trente ans en trading de titres, devises et matières premières et sa participation aux conseils d’administration de Laurent‑Perrier et du groupe bancaire panafricain Ecobank sont autant d’atouts .

    Récemment, il s’est félicité du soutien de la Banque mondiale (IFC) au premier fonds de crédit privé d’Enko, soulignant que ce véhicule « fournira un capital de croissance essentiel aux PME africaines, tout en générant un impact social et des rendements ajustés au risque » . Cette sensibilité aux critères ESG et à la finance durable devrait se refléter dans la feuille de route de SGM.

    Cyrille Nkontchou: Architecte des investissements et du développement

    Également co‑fondateur et Managing Partner d’Enko Capital, Cyrille Nkontchou partage son temps entre les bureaux de Johannesburg et d’Abidjan. Il est responsable de l’origination et du traitement des transactions, du levée de fonds et de la gestion du portefeuille de private equity . Avant Enko, il a créé LiquidAfrica, une banque d’affaires panafricaine spécialisée dans la levée de capitaux et les transactions sur tous les marchés du continent . Passé par Merrill Lynch en tant que chef de recherche sur l’Afrique subsaharienne et par Accenture à Paris, il a été reconnu comme Young Global Leader par le Forum économique mondial en 2006 et est diplômé de Sciences‑Po Paris et d’Harvard Business School . Son expertise dans la structuration de deals et les relations investisseurs sera déterminante pour développer de nouvelles offres à SGM.

    Éric‑Bastien Ballouhey : Ancrage local et diversification industrielle

    À la tête d’Oronte, Éric‑Bastien Ballouhey est implanté en Mauritanie depuis plus de deux décennies. Diplômé de l’École polytechnique et d’INSEAD, il a fondé en 1999 les Grands Moulins de Mauritanie (GMM) pour pallier l’absence d’unités de meunerie et répondre à une consommation nationale de 100 000 tonnes de farine par an . Sous sa direction, GMM s’est diversifiée : lancement d’une gamme dédiée à l’alimentation du poulet en 2013 et d’une marque de pâtes longues en 2016 . L’américain Seaboard est entré à son capital en 2018 .

    Dans le secteur forestier, Ballouhey a dirigé Rougier SA de 2015 à 2018 et siège aujourd’hui au conseil d’administration du groupe, tout en étant vice‑président de Rougier Afrique International . À travers Oronte, il explore aussi les énergies renouvelables et la promotion immobilière. Cette diversité industrielle et son réseau local font de lui le pivot de l’ancrage mauritanien du consortium.

    Une alliance de compétences au service de la transformation

    La nouvelle équipe dirigeante combine ainsi l’expertise financière internationale d’Enko Capital et la connaissance fine du terrain apportée par Oronte. Les Nkontchou apportent des capacités de structuration et de gestion de fonds, ainsi qu’un réseau d’investisseurs institutionnels (plus d’un milliard de dollars d’actifs gérés par Enko, tous liés à l’Afrique ). Ballouhey, de son côté, assure la continuité des opérations et la compréhension des besoins locaux. Ensemble, ils s’engagent à « renforcer le positionnement de la banque comme acteur central du financement de l’économie mauritanienne » , en misant notamment sur la modernisation digitale, l’élargissement des services aux PME et l’appui aux filières stratégiques (mines, gaz, agriculture).

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