Le gouvernement sénégalais a adopté, en conseil des ministres, un projet de loi instaurant un dispositif inédit de protection et de rémunération des lanceurs d’alerte. Le texte, numéro 13/2025, prévoit la création d’un fonds spécial destiné au recouvrement des biens issus de la fraude, de la corruption et des infractions économiques et financières.
Selon l’article 19 du projet, toute personne ayant fourni des informations ayant conduit à la condamnation d’un auteur d’infractions et permis la récupération d’avoirs pourra percevoir une prime équivalente à 10 % des sommes ou valeurs recouvrées. L’article 17 précise que cette rémunération sera versée à partir du fonds spécial, tandis que l’article 20 en confie la fixation à une autorité nationale compétente.
Le texte inclut également des mesures de protection renforcées : garantie de la confidentialité, canaux sécurisés de signalement, immunité contre les poursuites, et interdiction de toute forme de représailles.
Ce dispositif, premier du genre dans la région, vise à encourager la dénonciation des malversations tout en sécurisant les auteurs de signalements. Son efficacité dépendra toutefois, selon des observateurs, de la rapidité et de la transparence dans le traitement des alertes, afin d’éviter tout risque d’abus ou de dénonciations malveillantes.

