Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a laissé entendre, hier soir à Timbédgha que la Mauritanie pourrait s’orienter vers un réexamen de son architecture institutionnelle et constitutionnelle. Devant des représentants de la population, il a posé plusieurs questions sur l’efficacité du Parlement à chambre unique, le rôle du Conseil économique, social et environnemental, celui du Conseil des fatwas et des recours, ainsi que la capacité des conseils régionaux et des municipalités à assurer pleinement leurs missions.
Il a également interrogé la capacité du cadre électoral à garantir des scrutins transparents et crédibles. Ces propos sont perçus comme un signal d’ouverture vers de possibles réformes institutionnelles, à l’approche du dialogue national.
Mais la partie la plus commentée de son intervention concernait son avertissement contre les “rumeurs” évoquant des ambitions anticipées pour la présidentielle de 2029.
Sans nommer personne, le président a déclaré qu’“il n’y a pas de place pour ceux qui pensent en dehors de l’agenda du programme approuvé par le peuple”, une formulation que plusieurs observateurs interprètent comme un message direct à certains collaborateurs proches dont les mouvements et ambitions commencent à apparaître dans l’espace politique.
Ghazouani a ajouté que ces spéculations visent à détourner le débat des enjeux réels et qu’elles ne doivent pas perturber la préparation du dialogue national, appelé à examiner le fonctionnement des institutions et les ajustements nécessaires à la gouvernance démocratique.

