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    Conférence régionale de la FAO : à Nouakchott, l’Afrique fixe ses priorités agroalimentaires pour 2035
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    Nouakchott a accueilli lundi 13 avril 2026 l’ouverture des travaux des hauts responsables de la 34e session de la Conférence régionale de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture pour l’Afrique (ARC34), au Centre international des conférences Mokhtar Ould Daddah, en prélude à la réunion ministérielle prévue le 17 avril.

    Organisée par la Mauritanie, cette session réunit pendant cinq jours des décideurs publics, experts et partenaires techniques autour d’un agenda structurant pour la transformation des systèmes agroalimentaires du continent, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés, les chocs climatiques et les tensions géopolitiques.

    Les discussions portent notamment sur l’évaluation des performances de la FAO en Afrique sur la période 2024-2025, la définition des priorités régionales pour la prochaine décennie, ainsi que le suivi de la mise en œuvre de la Déclaration de Kampala du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA). Celle-ci fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2035, dont une hausse de 45 % de la production agroalimentaire, un triplement du commerce intra-africain et la mobilisation de 100 milliards de dollars d’investissements.

    Sur le plan structurel, les échanges mettent en évidence les fragilités persistantes du secteur : plus de 65 % des sols africains sont dégradés, tandis qu’un tiers de la population est confronté au stress hydrique. Dans ce contexte, la gestion durable des terres et de l’eau, la résilience face aux chocs multiples et la valorisation de la bioéconomie figurent parmi les axes prioritaires débattus.

    Intervenant à l’ouverture, le directeur général adjoint de la FAO pour l’Afrique, Abebe Haile-Gabriel, a alerté sur la vulnérabilité structurelle des systèmes alimentaires africains face aux crises successives, rappelant que près de 307 millions de personnes souffraient de sous-alimentation sur le continent en 2024. Il a plaidé pour une approche intégrée fondée sur des investissements coordonnés, une mise en œuvre rigoureuse des politiques et un renforcement de la résilience comme levier économique central.

    De son côté, le ministre mauritanien de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Mohamedou Ahmedou Mhaimid, a insisté sur la nécessité d’accélérer la modernisation des systèmes de production, de consolider les partenariats public-privé et d’orienter les investissements vers des chaînes de valeur agricoles à fort potentiel. Il a souligné que les conclusions de la réunion des hauts responsables serviront de base à la déclaration ministérielle attendue en fin de semaine.

    Au-delà des enjeux techniques, cette session accorde une attention particulière aux dynamiques d’intégration régionale, à la réduction de la dépendance aux intrants importés et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement, dans un contexte international marqué par les tensions sur les marchés de l’énergie et des engrais.

    La réunion des hauts responsables se poursuivra jusqu’au 16 avril, avant l’ouverture de la session ministérielle, qui devra entériner les orientations stratégiques et les engagements politiques pour la transformation durable des systèmes agroalimentaires africains.

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