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    Hausse des carburants : le ciblage social suffit-il à protéger l’économie mauritanienne ?
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    L’analyse de la situation mauritanienne révèle une gestion budgétaire complexe, marquée par une réduction des subventions générales tout en renforçant les aides aux ménages vulnérables. Cette stratégie budgétaire semble indiquer une volonté de modérer la dépense publique tout en protégeant les populations les plus vulnérables.

    Selon le Premier ministre, le maintien des anciens prix aurait entraîné une dépense proche de 50 milliards d’anciennes ouguiyas entre mars et mai 2026. Selon les estimations de l’État, le soutien financier apporté s’élève à 35 milliards, tandis que la part restant à la charge des consommateurs est estimée à environ 15 milliards.

    En réponse à cette situation, le gouvernement a annoncé un plan de soutien économique d’un montant total de plus de 12 milliards d’anciennes ouguiyas. Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la logique prévalente dans Taazour et dans le registre social, qui met l’accent sur l’identification et l’appui aux ménages les plus vulnérables.

    Cependant, il convient de souligner que le débat ne saurait se limiter à deux options distinctes : la subvention de l’ensemble des carburants ou la répercussion d’une fraction du coût sur les consommateurs. Il convient de mentionner un troisième levier, de nature plus politique, qui est la qualité de la dépense publique. Dans un contexte de hausse des prix, il serait donc souhaitable que l’effort demandé aux citoyens soit également accompagné d’un effort visible de l’État en matière de réduction des gaspillages, de maîtrise des charges publiques, de révision des avantages administratifs et de lutte contre les dépenses inefficaces.

    Le carburant ne saurait être considéré comme un produit exclusivement destiné aux ménages motorisés. Il s’agit d’un coût de production transversal. L’activité humaine, dans son aspect le plus large, englobe un ensemble de secteurs d’activité aux noms évocateurs : le transport, la pêche, l’agriculture, la logistique, les services, le commerce et l’approvisionnement des marchés. Cette augmentation se répercute sur les prix des produits alimentaires, des services et sur les coûts d’exploitation des entreprises.

    Cette dynamique illustre les limites inhérentes à une stratégie de ciblage exclusivement sociale. Cette mesure peut contribuer à atténuer les conséquences négatives pour les familles les plus vulnérables, mais elle ne répond pas entièrement aux pressions exercées sur les transporteurs, les PME, les unités industrielles, les agriculteurs et la classe moyenne.

    L’enjeu réside donc dans l’élargissement de la logique de ciblage. Cette démarche ne se limite pas à l’identification des ménages en situation de précarité financière, mais vise également à cartographier les secteurs économiques les plus vulnérables et à saisir les maillons critiques de la chaîne des prix.

    Cependant, en l’absence de mécanismes adaptés pour les activités productives, d’une maîtrise des coûts logistiques, d’une transparence sur l’évolution future des prix et d’un effort parallèle sur la dépense publique, le ciblage social peut offrir une protection temporaire à une partie de la population. Cependant, il ne suffit pas à garantir la préservation du pouvoir d’achat, à soutenir l’activité économique ou à créer les conditions propices à une croissance durable.

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