Plus

    Mauritanie : Le Rapport annuel des Nations Unies chiffre les progrés sociaux et économique de 2025
    M

    Le Rapport annuel 2025 des Nations Unies en Mauritanie dresse le bilan d’une année marquée par des interventions estimées à 79,7 millions de dollars, sur un budget disponible de 93,2 millions de dollars et un budget requis de 127,2 millions de dollars, soit un taux d’exécution global de 86 %.

    Selon le document, ces ressources ont été orientées vers quatre grands axes : croissance inclusive, protection sociale et résilience ; capital humain et services sociaux de base ; autonomisation des femmes ; gouvernance, droits humains et institutions. Le premier axe a concentré la part la plus importante des financements, avec 44,5 millions de dollars dépensés, contre 19,1 millions de dollars pour le capital humain, 4,3 millions de dollars pour l’autonomisation des femmes et 11,8 millions de dollars pour la gouvernance et les droits humains.

    Sur le plan économique, le rapport indique que la Mauritanie a enregistré en 2025 une croissance de 4,1 %, malgré la baisse de la production d’or, de minerai de fer et de cuivre. Il relève également un niveau de dette publique estimé à 41,5 % du PIB, des réserves internationales couvrant environ 5,5 mois d’importations, un déficit budgétaire maintenu sous 1 % du PIB et une inflation ramenée de 9,6 % en 2022 à 1,3 % en novembre 2025.

    Le volet social occupe une place centrale dans le bilan. Le rapport souligne que 351 000 ménages, soit environ 40 % des ménages mauritaniens, bénéficient de transferts monétaires. La part de la population couverte par au moins un dispositif de protection sociale est passée de 6,4 % en 2019 à 11,8 % en 2025. Le document rappelle toutefois que la pauvreté demeure élevée, avec 28,2 % de pauvreté monétaire et 58,4 % de pauvreté multidimensionnelle.

    Dans le domaine de la santé, les dépenses publiques ont augmenté en moyenne de 18 % par an entre 2019 et 2024, même si elles ne représentent encore que 5,8 % du budget national, contre un objectif de 15 % fixé par la Déclaration d’Abuja. Le rapport fait également état de la formation de plus de 1 200 agents de santé, dont 787 agents communautaires, ainsi que de la prise en charge de 22 414 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, avec un taux de guérison de 92 %.

    En matière de nutrition et de vaccination, 74 041 enfants ont été dépistés, 33 257 ont bénéficié de micronutriments et la couverture vaccinale Pentavalent 3 a atteint 77 %. Le rapport signale également l’introduction du vaccin hexavalent, présentée comme une avancée structurante pour la protection des enfants.

    Dans l’éducation, les crédits alloués sont passés de 10,6 % du budget en 2019 à 21 % en 2024. Entre 2020 et 2025, 6 613 salles de classe ont été construites et 13 436 enseignants recrutés. Le rapport indique aussi que plus de 14 000 enfants ont bénéficié de programmes d’apprentissage accéléré, tandis que 9 276 enfants et adolescents non scolarisés ont été réintégrés dans le système éducatif. Par ailleurs, 5 984 enseignants ont été formés et près de 56 000 enfants ont bénéficié de programmes d’alimentation scolaire.

    Sur le volet de la résilience climatique et agricole, les Nations Unies indiquent avoir appuyé la restauration de plus de 2 500 hectares de terres. Le rapport mentionne également l’assurance de 82 300 agriculteurs et éleveurs contre les pertes liées à la sécheresse, ainsi que la mise en place d’un système d’alerte précoce agro-hydrométéorologique intégrant l’intelligence artificielle, bénéficiant déjà à plus de 4 000 femmes productrices.

    En matière d’autonomisation économique, le rapport cite le soutien à 480 activités génératrices de revenus, la structuration de 300 groupements d’épargne et de crédit regroupant 7 500 membres, majoritairement des femmes, ainsi que l’accompagnement de plus de 5 800 ménages bénéficiaires du programme Tekavoul vers des activités productives. Il fait également état de l’appui à 1 040 jeunes, dont 782 insérés en entreprise.

    Sur le plan de l’égalité de genre, le document relève que 996 leaders politiques, religieux et communautaires ont soutenu publiquement des normes positives de genre. Plus de 45 000 personnes ont été mobilisées contre les violences basées sur le genre, 35 630 contre les pratiques néfastes, et 220 villages ont déclaré l’abandon des mutilations génitales féminines. Le rapport mentionne aussi la création de 1 000 microentreprises féminines.

    Dans le domaine de la gouvernance et des droits humains, le rapport met en avant l’exploitation des données du RGPH 2023 pour le suivi des Objectifs de développement durable, la digitalisation de certains services publics et l’appui à la lutte contre la corruption. Il indique que 3 393 enfants ont bénéficié d’une assistance juridique, dont 800 ont eu accès à des alternatives à la détention. Par ailleurs, 157 acteurs de la société civile, 36 formateurs et 500 élèves gendarmes ont été formés dans des domaines liés aux droits humains, à l’accès à la justice et à la gestion démocratique des foules.

    Le rapport souligne enfin que ces résultats s’inscrivent dans le Cadre de coopération pour le développement durable 2024-2027, aligné sur les priorités nationales et la Stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée. Pour la période 2026-2027, les Nations Unies prévoient de poursuivre leur appui à travers 28 interventions conjointes, avec un accent sur la résilience climatique, l’extension des filets sociaux, l’emploi des jeunes, l’autonomisation des femmes, la gouvernance locale et la mobilisation de financements innovants.

    Le rapport complet peut être consulté ici :

    https://mauritania.un.org/…/VF%202025%20Mauritania…

    Derniers articles

    Articles Liés