Monsieur le Premier ministre, je viens par la présente vous soumettre quelques idées qui me paraissent pertinentes à propos des conseils régionaux. En accord avec mes propositions incessantes visant à renforcer la gouvernance territoriale et à promouvoir le développement global, la régionalisation avancée et les conseils régionaux forment un des piliers fondamentaux sur lesquels notre pays s’appuie pour réaliser la décentralisation administrative, renforcer la participation locale à la prise de décision et stimuler le développement économique et social partout dans le pays.
Monsieur le Premier ministre, je voudrais mettre en avant les défis majeurs auxquels est confrontée la mise en œuvre de cette régionalisation avancée, à commencer par la mise en œuvre de la Charte nationale de la décentralisation administrative que je propose d’organiser en 2025. Il y a nécessité d’affiner la répartition des compétences entre les régions et les collectivités territoriales, de renforcer la démocratie participative et d’articuler la responsabilité à l’obligation de rendre des comptes. J’entends moi-même présenter une vision claire pour relever ces défis, en soulignant l’importance de l’auto-évaluation et de l’élaboration d’une feuille de route stratégique pour la phase suivante.
Dans un cadre stratégique qui reflète l’importance cruciale d’une régionalisation avancée, non seulement en tant que redistribution administrative, mais, aussi, en tant qu’option décisive pour parvenir à une transformation globale du développement. Il apparaît clairement que ces objectifs constituent un pilier fondamental pour promouvoir cette décentralisation, en accordant aux autorités des pouvoirs plus larges pour mettre en œuvre les politiques publiques de manière efficace et efficiente. La régionalisation avancée est également un cadre essentiel pour réaliser un développement intégré dans divers secteurs économiques et sociaux, en mettant l’accent sur la réduction des disparités régionales.
Reconnaissant l’importance de l’interaction entre l’État et la société, je voudrais souligner la nécessité d’impliquer les citoyens et les conseils locaux dans la formulation et la mise en œuvre des projets de développement, renforçant ainsi l’efficacité participative et garantissant une approche plus globale qui répond aux attentes de la population. L’un des objectifs-clés que je vous propose est l’affirmation de la régionalisation avancée en pilier fondamental de la gouvernance territoriale. Elle représente un moyen stratégique d’améliorer l’efficacité de l’administration locale en renforçant son autonomie et en élargissant les compétences locales, permettant ainsi aux régions de prendre des décisions et de mettre en œuvre des politiques adaptées à leurs besoins locaux.
Cette approche s’inscrit dans le concept de bonne gouvernance, qui repose sur des normes fondamentales comme la transparence, la responsabilité, l’efficacité et la participation car le régionalisme vise à promouvoir ces principes dans l’administration locale. L’objectif ne se limite donc pas à assurer la transition d’une administration centralisée à une administration plus décentralisée. Il vise plutôt à développer un système administratif participatif et flexible, capable de s’adapter aux défis contemporains et d’améliorer durablement la qualité des services fournis aux citoyens, contribuant ainsi à répondre à leurs aspirations et à renforcer l’efficacité gouvernementale à tous les niveaux.
Je voudrais aborder un certain nombre de défis structurels et institutionnels qui entravent la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Les relever est, à mon avis, essentiel pour assurer la réussite de ce projet de développement. Le premier relève de la mise en œuvre de la Charte sus-évoquée. Il est important d’accélérer la mise en œuvre de cette étape cruciale dans le transfert des compétences administratives du niveau central vers les collectivités locales. Cela nécessite une coordination totale entre les différents secteurs gouvernementaux pour en garantir le bon déroulement.
Plus grand encore, le second défi réside dans la clarification de la répartition des compétences entre l’État et les différentes autorités. Cela nécessite une définition précise et claire des tâches et des pouvoirs attribués à chaque autorité afin d’éviter les conflits entre les autorités locales et centrales et d’assurer une coordination efficace entre les différents niveaux de gouvernement. Quant au troisième, il s’agit de réformer les structures administratives au niveau régional, tant la performance administrative est défaillante en certaines zones ; par exemple à Nouadhibou entre la zone franche et la mairie au sujet de l’assainissement et des taxes. Il est urgent de former et de réhabiliter les ressources humaines, en veillant à ce que les administrations locales soient en mesure de relever les nouveaux défis et d’atteindre les objectifs de développement souhaités.
Monsieur le premier ministre, le conseil régional est un moteur essentiel du développement économique et social. Il doit stimuler l’investissement local et faciliter l’accès aux ressources économiques naturelles. Cette incitation constitue une étape fondamentale vers l’amélioration de la compétitivité des régions, contribuant à leur croissance économique durable. Cela nécessite d’instaurer partout la justice sociale, afin que le développement ne se limite pas à certaines régions mais à toutes. Cela contribuera à réduire les disparités spatiales et à atteindre un équilibre social généralisé. Cela permet également de prendre en compte les normes environnementales dans toutes les politiques locales, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD), en adoptant des initiatives visant à conserver les ressources naturelles et à assurer l’adaptation au changement climatique, contribuant ainsi à améliorer la qualité de vie sur tout le territoire national.
Cheikh Ahmed ould Mohamed
Ingénieur
Chef du service Etudes et développement
Etablissement portuaire de la Baie du repos de Nouadhibou

