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    Le chef c’est moi.
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    À Nouakchott, chacun croit savoir. Les noms circulent, les scénarios se multiplient et les certitudes s’affichent. Pourtant, au moment décisif, personne ne sait réellement ce que Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a en tête.

    C’est peut-être là l’une de ses principales forces politiques.

    Depuis son arrivée au pouvoir, Ghazouani a installé une méthode : peu de confidences, très peu de fuites et des décisions conservées jusqu’au dernier moment. Il laisse les ambitions se dévoiler, les réseaux se positionner et les alliances se dessiner, sans jamais véritablement montrer son jeu.

    La démission du gouvernement de Mokhtar Ould Djay en fournit une nouvelle illustration. À peine annoncée, Nouakchott s’est remise à chercher le prochain Premier ministre. Certains annoncent déjà le retour d’Ould Djay. D’autres assurent qu’un nouveau visage est prêt. Mais entre ce qui se raconte dans les salons et ce qui se décide au Palais, la distance reste souvent considérable.

    Cette façon de gouverner donne au président un avantage évident : pendant que chacun essaie de lire ses intentions, lui observe les positionnements et garde la maîtrise du tempo.

    Son prochain choix dira donc beaucoup plus qu’un nom. Il dira s’il veut poursuivre avec les mêmes équilibres, corriger certains choix ou ouvrir une nouvelle séquence de son second mandat.

    Mais ce gouvernement pourrait également avoir une fonction politique plus profonde : mettre un terme aux rivalités devenues trop visibles, refermer la séquence des guerres de clans et rappeler que, malgré les réseaux, les ambitions et les rapports de force, le centre de décision n’a jamais changé.

    En somme, le message pourrait tenir en quelques mots : le chef, c’est moi. Le président, c’est moi.

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