Le ministère de la Santé, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a procédé, mardi 17 mars 2026, à la validation politique de la première Stratégie nationale de santé oculaire couvrant la période 2026–2029, marquant une étape structurante dans la prévention de la cécité évitable et le renforcement de l’offre de soins ophtalmologiques en Mauritanie.
Cette validation intervient après une phase technique achevée en décembre 2024 à Tijikja, à l’issue d’un atelier de cinq jours ayant permis de consolider les orientations stratégiques. Elle consacre l’aboutissement d’un processus participatif ayant mobilisé l’ensemble des acteurs du secteur, notamment le Programme national de lutte contre la cécité (PNLC), la Direction de la médecine préventive et de la lutte contre la maladie (DMPLM), les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile ainsi que les professionnels de santé.
Inscrite dans le cadre de l’initiative mondiale SPECS 2030 de l’OMS, cette stratégie vise à accélérer l’accès à des soins oculaires intégrés, continus et centrés sur la personne, en cohérence avec les objectifs de couverture sanitaire universelle.
Le diagnostic met en évidence l’ampleur des défis à relever. La déficience visuelle demeure un enjeu majeur de santé publique en Mauritanie, avec environ 5 000 opérations de cataracte réalisées chaque année et près de 20 % de la population concernée par des troubles de la réfraction non corrigés . À cela s’ajoutent des contraintes structurelles, notamment la concentration des spécialistes à Nouakchott, le déficit en ressources humaines qualifiées et l’insuffisance des équipements dans les régions .
Pour y répondre, la stratégie 2026–2029 repose sur plusieurs axes prioritaires, dont le renforcement de la gouvernance, le développement des ressources humaines, l’intégration des soins oculaires dans les soins de santé primaires, l’amélioration de l’accès aux équipements et le renforcement du système d’information sanitaire.
À l’horizon 2030, les autorités visent notamment à doter au moins 70 % des régions d’un ophtalmologiste et à assurer la disponibilité des soins oculaires dans 80 % des structures hospitalières publiques .
Le coût global du plan est estimé à 100,7 millions d’ouguiyas (environ 2,5 millions de dollars), avec une répartition prioritaire en faveur des équipements, du suivi des données et du renforcement des capacités humaines . Le financement reposera sur une combinaison de ressources nationales, d’appuis des partenaires techniques et financiers et de mécanismes de partenariat.
À travers cette stratégie, la Mauritanie entend renforcer durablement son système de santé et réduire l’impact économique et social des pathologies oculaires sur les populations.








