La réponse n’a pas tardé. Au lendemain d’une flambée des cours mondiaux qui rendait probable une nouvelle hausse des prix des carburants en Mauritanie, le Premier ministre El Moctar Ould Djay a affirmé jeudi 17 septembre que le gouvernement mobilisera les ressources financières nécessaires pour éviter toute augmentation à la pompe. La déclaration a été faite lors d’une réunion consacrée au suivi de l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers, dans un contexte où la guerre au Moyen-Orient continue de peser sur les cours et sur les chaînes logistiques.
Émergence relevait mercredi que le mécanisme de tarification en vigueur depuis le 1er février 2026 prévoit la répercussion des variations internationales sur les prix intérieurs, et que le gouvernement se retrouvait face au même arbitrage qu’au printemps : laisser passer la hausse ou la prendre en charge sur le budget. L’arbitrage est désormais tranché. L’État choisit de suspendre la répercussion et d’absorber le choc.
Le mécanisme avait été appliqué à quatre reprises entre février et le début du mois de juin, portant le litre de gasoil à 62,13 ouguiyas et celui de l’essence à 65,02 ouguiyas à Nouakchott. Les prix sont inchangés depuis. Ils le resteront donc, malgré un brut et des produits raffinés revenus cette semaine à leurs plus hauts niveaux depuis le mois de mai.
Le coût de cet engagement n’a pas été précisé. En juin, le Premier ministre avait indiqué que le maintien des prix d’avant-guerre aurait coûté environ 50 milliards d’anciennes ouguiyas au Trésor pour les seuls mois de mars, avril et mai, et que la fiscalité sur le gasoil avait déjà été ramenée de 36 % à 29 % du prix à la pompe. En avril, la subvention était chiffrée à 282 anciennes ouguiyas par litre de gasoil et à 88 par litre d’essence, pour une enveloppe annuelle d’environ 150 milliards d’anciennes ouguiyas, soit près de 12 % du budget national.
La réunion de jeudi s’est également penchée sur l’appel d’offres international destiné à confier l’approvisionnement du marché national à un fournisseur retenu sur concurrence, avec l’objectif de sécuriser la continuité des livraisons et d’améliorer la qualité du service. Les offres sont attendues à la mi-octobre pour une prise d’effet en décembre. Les primes que proposeront les candidats dans un marché tendu détermineront le coût réel, pour le prochain semestre, de la promesse faite jeudi.
La question qui reste ouverte est celle de la durée. Un gel des prix face à des cours durablement élevés suppose soit un effort budgétaire croissant, soit des arbitrages sur d’autres dépenses. Le gouvernement a donné sa réponse sur le principe. Il lui reste à en préciser le financement.

