Ce jeudi 8 octobre, Ousmane Mamoudou Kane a remis au président Ghazouani le rapport sur les incendies des postes électriques de Nouakchott. Le chef de l’État a immédiatement ordonné l’application de ses recommandations. Un dossier qui dépasse la SOMELEC et pose directement la question des responsabilités et du fonctionnement de l’État.
Au moment où les signes d’un changement gouvernemental se multiplient, une question mérite donc d’être posée : pourquoi pas Ousmane Mamoudou Kane à la Primature ?
Pas comme un nom supplémentaire dans la liste des prétendants. Mais comme un choix qui donnerait au changement un contenu.
L’expérience, d’abord. Diplômé de l’École polytechnique de Paris et de l’École des Mines de Saint-Étienne, Kane a été vice-président de la Banque africaine de développement, gouverneur de la Banque centrale, administrateur-directeur général de la SNIM, ministre des Finances puis ministre des Affaires économiques. Peu de responsables mauritaniens peuvent revendiquer une connaissance aussi large de l’appareil économique et financier de l’État.
Son profil est celui d’un homme de dossiers davantage que d’un homme de réseaux. Et le symbole est difficile à manquer : au moment où l’État cherchait à comprendre l’une des défaillances les plus graves qu’ait récemment connues son système électrique, c’est à lui que la présidence de la commission d’enquête a été confiée.
Le diagnostic est désormais posé. Pourquoi celui qui a été chargé d’identifier les dysfonctionnements ne pourrait-il pas être appelé à participer directement à leur correction ?
Il y aurait ensuite le signal politique.
Le second mandat de Ghazouani place l’unité nationale, le règlement du passif humanitaire et le dialogue au cœur d’une séquence particulièrement sensible. Le processus engagé autour du passif humanitaire se poursuit, tandis que le dialogue national remet au centre les questions de cohésion, d’égalité et de représentation.
Dans ce contexte, l’arrivée à la Primature d’une personnalité comme Ousmane Mamoudou Kane dépasserait largement la question de son parcours technique. Elle porterait une signification politique et nationale forte, dans un pays où la représentation de toutes les composantes au plus haut niveau de l’État demeure elle-même un sujet de débat.
Ghazouani disposerait alors d’un choix permettant de réunir deux dimensions rarement associées dans un même mouvement : la compétence et le symbole.
Si un changement gouvernemental doit intervenir, la question ne sera donc pas seulement de savoir quels ministres partiront et quels noms les remplaceront. Elle sera surtout de savoir ce que le président veut dire à travers ce changement.
Ousmane Mamoudou Kane offrirait précisément cette possibilité : changer l’équipe tout en donnant un sens au changement.

