Plus

    Le phosphate mauritanien se prépare à conquérir ses premiers marchés
    L

    Après plusieurs décennies d’études et de relances, le projet de phosphate de Bofal–Loubboïra franchit une nouvelle étape avec le démarrage des opérations d’extraction et de traitement du minerai par Atlantic Minerals, dans le cadre de son partenariat avec la Société mauritano-saoudienne des phosphates, titulaire du permis d’exploitation.

    Situé dans les wilayas du Brakna et du Gorgol, à environ 390 kilomètres au sud-est de Nouakchott, le projet comprend, selon les données techniques annoncées, une ligne de concassage d’une capacité nominale de 450 tonnes par heure et une unité de traitement humide de 250 tonnes par heure. Le procédé doit porter la teneur du minerai d’environ 18 % à un concentré compris entre 30 et 32 %, destiné à la commercialisation.

    Les ressources minérales annoncées atteignent 213 millions de tonnes, dont environ 159 millions mesurées et indiquées. Les 111 millions de tonnes supplémentaires évoquées correspondent à des objectifs d’exploration, qui restent à confirmer et ne doivent pas être assimilés à des ressources établies.

    Les autorités avaient annoncé, en janvier 2024, une production cible d’un million de tonnes de phosphate concentré par an. Les essais ont commencé le 14 août 2026, selon la SOGENAV. Les volumes effectivement produits et le rythme de montée en puissance restent à préciser.

    Un débouché potentiel existe en Inde. Un document gouvernemental indien mentionne un accord entre le fabricant d’engrais RCF et Atlantic Minerals portant sur 150 000 tonnes de phosphate naturel par an pendant trois ans. Cet engagement est non contraignant. Le prix doit être convenu avant chaque expédition, avec un paiement prévu par crédit documentaire en dollars.

    Le projet revient de loin. En 2002, SOPHOSMA, associant la mauritanienne SIPIA au groupe allemand MAN Ferrostaal, devait permettre son industrialisation. Plusieurs changements de titulaires ont suivi, avant l’attribution du permis en 2017 à la Société mauritano-saoudienne des phosphates. Selon le rapport ITIE 2024, l’État détient 20 % de son capital, contre 80 % pour des investisseurs privés nationaux.

    Le transport demeure déterminant pour la compétitivité du phosphate. Une convention signée avec la SOGENAV le 20 août 2026 prévoit de développer l’acheminement fluvial et des installations de stockage près de Bababé. La date d’une première cargaison exportée reste à préciser.

    Derniers articles

    Articles Liés