Il est pratiquement impossible de trouver un média ou un journaliste jouissant d’une indépendance et d’une objectivité totale, non seulement dans nos pays, mais partout dans le monde. En réalité, les médias publics sont influencés, à des degrés divers, par les orientations et les politiques de l’État, tandis que les médias privés ou dits indépendants subissent l’influence de leurs propriétaires, de leurs bailleurs de fonds et de leurs intérêts économiques et politiques.
Ces derniers peuvent néanmoins bénéficier d’une large marge de liberté et d’objectivité dans le traitement des questions qui ne touchent pas directement aux intérêts ni aux choix fondamentaux de leurs propriétaires ou de leurs financeurs.
En fait, même lorsqu’il dispose d’une entière liberté dans le choix et le traitement des sujets, le journaliste ne peut se détacher totalement de son environnement intellectuel, culturel et social, ni de ses convictions et de son expérience personnelle.
Le journaliste de qualité est donc celui qui s’efforce de s’affranchir autant que possible de ces contraintes puissantes, tandis que le lecteur averti est celui qui garde cette réalité à l’esprit lorsqu’il reçoit et analyse l’information.
Dahane TALEB ETHMANE

