La Mauritanie s’apprête à encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Le Conseil des ministres, réuni ce mercredi 16 septembre sous la présidence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a approuvé une communication du ministre de l’Autonomisation des Jeunes, de l’Emploi, des Sports et du Service civique proposant un cadre national de régulation de l’accès aux plateformes de réseaux sociaux.
Le dispositif repose sur une classification des services selon leur niveau de risque, avec un niveau d’accès adapté à chaque tranche d’âge. Le seuil de 16 ans a été retenu pour se conformer aux tranches d’âge appliquées à l’échelle mondiale. Le gouvernement souligne que ce choix constitue un durcissement, puisqu’il place les jeunes de 15 ans sous le régime du consentement parental.
Au-delà de l’âge d’accès, plusieurs mesures visent directement le fonctionnement des plateformes pour les mineurs : désactivation des algorithmes de recommandation, arrêt par défaut du défilement infini et de la lecture automatique, interdiction du ciblage publicitaire, blocage des messages provenant d’inconnus, restriction de la diffusion en direct et instauration d’heures de silence nocturne.
Un programme national de sensibilisation ciblant enfants, adolescents, familles et éducateurs doit accompagner ces mesures, ainsi qu’un mécanisme de signalement et de soutien des enfants victimes de violence ou d’exploitation numérique.
Cette initiative fait écho à un appel lancé dès septembre 2025 à l’Assemblée nationale, où un député avait plaidé pour une interdiction avant 15 ans et un couvre-feu numérique pour les 15-18 ans, rappelant que les enfants mauritaniens passent en moyenne entre trois et cinq heures par jour devant leurs écrans.
Le choix du seuil de 16 ans intervient dans un contexte international mouvant : en France, la loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été censurée par le Conseil constitutionnel le 14 août dernier, faute de précision sur la vérification de l’âge. Une question qui se posera aussi en Mauritanie, car la communication approuvée n’est pas encore une loi et les modalités concrètes de contrôle restent à définir.

