Le neuvième sommet de la TICAD, à Yokohama du 20 au 22 août 2025, a mis l’accent sur l’engagement du secteur privé et sur la mobilisation conjointe de financements publics et privés pour soutenir la croissance africaine . Les participants ont souligné que les thèmes clés étaient le soutien au secteur privé pour stimuler la croissance et la mise en place de corridors commerciaux régionaux.
Dans ce contexte, la Mauritanie a dépêché une délégation exclusivement gouvernementale et un stand sommaire, sans présence d’entreprises.
Alors que plusieurs pays africains ont profité du sommet pour signer de nouveaux accords, la Mauritanie n’en a annoncé aucun. Le seul projet bilatéral reste le protocole d’accord signé à Yokohama entre le ministère de l’Hydraulique et Toyota Tsusho pour une usine de dessalement à Nouadhibou alimentée par les énergies renouvelables , avec étude de faisabilité prévue d’ici fin 2025.
Cette absence est d’autant plus surprenante que les trois organisations chargées de porter la voix économique nationale disposent de mandats précis. L’Union nationale du patronat mauritanien (UNPM) est le représentant exclusif du secteur privé et l’interlocuteur des pouvoirs publics . La Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture (CCIAM) doit défendre les intérêts des entreprises, accroître la compétitivité du secteur privé et chercher des partenariats au travers de rencontres et expositions . L’Agence de promotion des investissements (APIM) se fixe pour mission de diversifier l’économie en attirant des investissements structurants . Aucune de ces entités n’a toutefois été visible au TICAD 9.
Cette carence institutionnelle s’est traduite par une vitrine ratée : l’entrepreneur mauritanien Hassana Mbeirick, qui a fait le déplacement, raconte que le stand mauritanien était tenu par une photographe japonaise octogénaire amoureuse du pays, seule à présenter des objets artisanaux. L’absence d’accompagnement officiel a laissé une impression de bricolage.
En laissant l’État seul interlocuteur, la Mauritanie a manqué une occasion de mettre en avant ses secteurs stratégiques et d’attirer des capitaux. Pour éviter que ce scénario se reproduise, patronat, CCIAM et APIM doivent coordonner leurs actions et mobiliser les entreprises nationales lors des prochaines rencontres internationales. Faute de quoi le pays continuera de rester en marge des partenariats public‑privé que promeut la TICAD.

