Le label mauritanien Boosoya Music vient de lancer BoosoyaStream, une plateforme de streaming qui a pour objectif de permettre aux artistes mauritaniens de diffuser et commercialiser leur musique localement, dans un cadre plus adapté à leurs réalités, tout en gardant le contrôle sur leurs œuvres.
Le projet ne sort pas de nulle part. Depuis près de deux ans, la jeune équipe derrière le label a lancé le débat autour de la distribution via les plateformes internationales comme Spotify, Apple Music ou Deezer, qui, malgré leur popularité et leurs avantages, ne permettent pas toujours aux artistes mauritaniens de tirer pleinement profit de leur musique. Entre les difficultés de monétisation, les systèmes de paiement peu accessibles et une faible valorisation des écoutes locales, plusieurs défis se posent concrètement.
Une première étape avait déjà été franchie en 2024 avec Jololel, un projet de l’artiste BRMX sorti sur une application dédiée, qui a permis de tester un modèle différent. Cette année, BosooyaMusic passe à une autre échelle avec Bosooya Stream, une plateforme qui intègre des moyens de paiement via mobile banking et se positionne comme une solution pensée pour la musique mauritanienne.
Le lancement s’est fait avec la sortie de Martaba, le deuxième album de BRMX, disponible exclusivement sur la plateforme. Une stratégie assumée visant à concentrer la diffusion pour mesurer l’engagement réel du public dans ce nouveau cadre.
Une semaine après la sortie, l’équipe de l’artiste annonce avoir dépassé le million de streams, pour environ 7 200 utilisateurs. Des chiffres qui montrent qu’il existe une traction et un public prêt à suivre, même en dehors des circuits classiques.
Au-delà des performances, l’initiative pose surtout une question de fond sur la manière dont la musique est distribuée et valorisée localement. Avec Boosoya Stream, le label cherche à proposer une alternative moderne aux modes de distribution informels comme les clés USB, en s’appuyant sur la forte utilisation des smartphones, tout en testant un modèle où les artistes peuvent reprendre une part de contrôle sur la diffusion et la monétisation de leur travail.
© Emergence Mauritanie / Tidjani Diagana

