Le projet minier El Aouj franchit une étape décisive. Le conseil d’administration d’El Aouj Mining Company a approuvé la décision finale d’investissement, ouvrant la voie au développement de l’un des plus importants projets industriels engagés en Mauritanie.
L’annonce a été faite à l’issue du Conseil des ministres du mercredi 29 juillet 2026. El Aouj Mining Company est désormais détenue à 92 % par la Société nationale industrielle et minière (SNIM), qui prévoit de financer sur fonds propres 40 % du coût du projet. L’investissement global est estimé à plus de 2 milliards de dollars.
Situé dans le Tiris Zemmour, à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Zouerate, le projet porte sur l’exploitation d’importants gisements de magnétite. Les ressources historiquement identifiées sur le périmètre sont estimées à environ 4,4 milliards de tonnes de minerai.
El Aouj prévoit la mise en exploitation d’une mine à ciel ouvert et la construction d’une unité de traitement reposant sur un procédé de séparation magnétique à sec. Le développement sera réalisé en deux phases. La première devrait permettre de produire environ 5,5 millions de tonnes de concentré de fer par an, avant une extension portant la capacité totale à 11,3 millions de tonnes annuelles.
La durée d’exploitation envisagée est d’environ 40 ans. Le concentré produit devrait afficher une teneur proche de 66,5 % de fer, ce qui positionnerait El Aouj sur le segment des minerais à haute teneur, recherchés notamment pour leur meilleure efficacité dans les procédés sidérurgiques.
Les études de faisabilité conduites par le groupe d’ingénierie Ausenco ont permis d’optimiser la conception de l’usine, d’accroître sa capacité de traitement et de revoir à la baisse certaines estimations initiales des dépenses d’investissement.
La production sera acheminée vers Nouadhibou à travers le corridor ferroviaire et les installations portuaires de la SNIM. La modernisation de cet axe prévoit notamment la construction de 42 kilomètres de nouvelles voies destinées à raccorder les futurs sites miniers d’El Aouj et d’Atomai au réseau reliant Zouerate à Nouadhibou.
Le démarrage de la production est attendu entre fin 2027 et début 2028. Selon les projections gouvernementales, le projet devrait contribuer à doubler la production nationale de minerai de fer au cours des sept à huit prochaines années. Il devrait également générer plus de 1 200 emplois directs et environ 300 emplois indirects, ainsi que des recettes supplémentaires pour l’État et des retombées économiques dans les localités du nord du pays.
La décision finale d’investissement marque ainsi le passage d’une longue phase d’études, de restructuration et d’optimisation à la phase de réalisation opérationnelle du projet.

