Le ministre des Pêches et des Infrastructures maritimes et portuaires, El Moctar Ahmed Bouceif, a lancé mardi 22 septembre au Port autonome de Nouakchott une campagne de formation halieutique organisée à bord du navire-école espagnol Intermares. Le programme, financé et organisé conjointement par l’Espagne, l’Union européenne et la Mauritanie, se déroule jusqu’au 16 octobre et doit bénéficier à plus de 150 inspecteurs, techniciens et membres d’équipage mauritaniens.
Le Buque Escuela y de Cooperación Pesquera Intermares appartient au ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Construit à Vigo en 2009 et basé à Ferrol, ce bâtiment d’environ 80 mètres dispose de salles de cours, d’ateliers, de laboratoires et d’un simulateur de navigation, avec une capacité d’accueil de 40 élèves et 7 formateurs. Depuis 2010, il a mené des campagnes au Maroc, au Sénégal, au Pérou et en Équateur. Il est exploité depuis 2018 en usage partagé avec la marine espagnole.
À Nouakchott, deux modules sont dispensés, l’un sur l’inspection et le contrôle des pêches, l’autre sur la sécurité et le sauvetage en mer. Le navire rejoindra ensuite Nouadhibou pour deux sessions intensives d’une semaine chacune, destinées à des professionnels expérimentés, consacrées aux filets et engins de pêche ainsi qu’au traitement et à la manutention du poisson. La secrétaire générale de la Pêche du ministère espagnol, Isabel Artime, a précisé que cette escale met en œuvre le point 56 de la déclaration conjointe adoptée lors de la première Réunion de haut niveau entre les deux pays, tenue à Nouakchott le 16 juillet 2025 en présence de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et de Pedro Sánchez.
L’Union européenne a mobilisé environ 190 000 euros au titre de l’appui sectoriel prévu par l’accord de partenariat pour une pêche durable avec la Mauritanie, sur la base des priorités fixées par le gouvernement. L’ambassadeur de l’Union européenne, Joaquín Tasso Vilallonga, a plaidé pour un suivi des stagiaires un an après la formation afin de mesurer leur insertion professionnelle, et a relevé la présence marquée de femmes parmi les participants, notamment dans les filières inspection et transformation, ainsi que celle de jeunes diplômés de l’Institut supérieur des sciences de la mer.
L’ambassadeur d’Espagne, Pablo Barbará Gómez, a rappelé le poids économique de la relation halieutique. Les produits de la mer constituent le premier poste des ventes mauritaniennes vers l’Espagne, pour plus de 300 millions d’euros par an, soit plus du tiers des exportations halieutiques totales du pays, qui ont approché le milliard d’euros en 2025. Quinze navires espagnols sont par ailleurs autorisés à pêcher la crevette dans les eaux mauritaniennes dans le cadre de l’accord avec l’Union européenne. Sur 25 ans, la coopération espagnole a notamment financé le pôle de développement intégré de la plage à Kiffa entre 2002 et 2009, le partenariat avec la Société nationale de distribution de poisson depuis 2010, qui a bénéficié à environ 40 000 ménages, et le projet Promopêche mené avec l’Union européenne entre 2018 et 2020. Madrid fait désormais de l’investissement dans la transformation des produits de la mer une priorité de sa diplomatie économique en Mauritanie.
Après la Mauritanie, l’Intermares poursuivra sa campagne atlantique 2026 au Sénégal pour un mois de formation.
La cérémonie s’est tenue en présence du chef d’état-major de la Marine nationale, l’amiral Ahmed Said Ben Aouf, de responsables centraux du ministère, du président de la Fédération nationale de pêche et des autorités administratives et sécuritaires de Nouakchott-Sud.

