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    Tiris : le projet d’uranium d’Aura Energy peut-il encore aboutir ?
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    Les retards s’accumulent autour du projet Tiris et la question dépasse désormais le simple décalage de calendrier. La décision finale d’investissement n’est toujours pas prise, la production annoncée pour 2027 est désormais reportée à 2028 et, surtout, le financement de la construction reste à boucler.

    Aura Energy évoque une dette potentielle de 150 à 170 millions de dollars auprès de la U.S. International Development Finance Corporation (DFC). Le dossier est effectivement examiné par l’institution américaine, mais aucun engagement financier définitif n’a été annoncé. Une autre proposition d’un fonds américain demeure non contraignante. Après plusieurs années de démarches, les pistes existent donc, mais le financement n’est toujours pas sécurisé.

    La gouvernance ajoute une autre interrogation. Andrew Grove, qui portait le développement de Tiris, a quitté la direction en octobre 2025. Le directeur financier Mark Somlyay a annoncé sa démission le 12 août 2026, précisément au moment où Aura affirme vouloir finaliser le financement avant la fin de l’année. Ces départs ne suffisent pas à établir l’existence d’une crise, mais leur calendrier mérite attention.

    Les reports soulèvent également une question vis-à-vis de l’État. Un procès-verbal établi en novembre 2024 a accompagné le réaménagement du calendrier du projet. Aura a ensuite fait état d’une prolongation de 36 mois construite autour d’une production en 2027. Cette échéance ayant à son tour glissé, le calendrier actuel reste-t-il pleinement conforme aux permis, à la convention minière, au Code minier et aux engagements convenus avec les autorités ? Aura affirme que ses titres restent valides et qu’aucune mise en demeure ne lui a été adressée, mais la question mérite désormais d’être clarifiée.

    Un autre enjeu concerne la protection des intérêts mauritaniens. Après près de deux décennies de travaux, l’État dispose-t-il de l’intégralité des données géologiques, études techniques, essais métallurgiques, modèles miniers, études environnementales et documents d’ingénierie produits sur Tiris ? Si Aura ne pouvait poursuivre, un nouvel opérateur pourrait-il reprendre le projet sur cette base sans recommencer plusieurs années d’études ?

    Aura poursuit parallèlement la construction d’une usine pilote et négocie avec une grande compagnie nucléaire internationale une possible participation au projet, un contrat d’achat à long terme et une coopération technique. Cette négociation pourrait devenir déterminante.

    L’échéance de fin 2026 sera donc décisive. Un financement ferme et une décision finale d’investissement lèveraient une grande partie des interrogations. Un nouveau report poserait une question plus fondamentale : Aura Energy peut-elle encore mener Tiris jusqu’à la production, ou l’avenir du projet devra-t-il passer par un opérateur plus solide financièrement et techniquement ?

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