À moins de deux mois de l’expiration du protocole de pêche entre la Mauritanie et l’Union européenne, fixée au 14 novembre 2026, l’Espagne presse Bruxelles d’accélérer les négociations avec Nouakchott afin d’éviter une interruption des activités de la flotte européenne.
Le ministre espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, Luis Planas, a porté le dossier devant le Conseil des ministres européens le 28 septembre. En l’absence de nouveau protocole, les navires européens concernés devront cesser leurs activités dans les eaux mauritaniennes.
L’enjeu financier est important. Entre 2022 et 2024, la Mauritanie a perçu en moyenne 68,6 millions d’euros par an au titre de l’accès de la flotte européenne à ses eaux, dont 57,5 millions d’euros versés par le budget de l’UE et environ 11,1 millions par les armateurs. Ces paiements représentaient en moyenne 34 % des recettes budgétaires mauritaniennes issues du secteur de la pêche.
Le protocole actuel prévoit jusqu’à 280 050 tonnes de possibilités de pêche par an. Dans les faits, la flotte européenne a capturé en moyenne 85 573 tonnes par an entre 2022 et 2024, soit environ 32 % des possibilités disponibles. Ces captures ont généré un chiffre d’affaires moyen estimé à 152 millions d’euros par an.
À cela s’ajoute une enveloppe de 16,5 millions d’euros sur cinq ans destinée à soutenir le développement du secteur halieutique mauritanien.
Face au risque d’interruption, Europêche et la Fédération européenne des travailleurs du transport réclament une prolongation d’un an du protocole si aucun nouvel accord n’est conclu avant le 14 novembre. À ce stade, aucun renouvellement ni mécanisme transitoire n’a été annoncé.

