À la fin août 2026, la production de biomasse de la Mauritanie n’atteignait que 85 % de la moyenne 1999-2025, contre 140 % en 2025 et 151 % en 2024, selon le bulletin de mi-saison publié le 24 septembre par Action contre la Faim.
La biomasse désigne la quantité de végétation qui pousse pendant la saison des pluies, mesurée en matière sèche par hectare ; elle indique ce que les troupeaux auront à brouter jusqu’à l’hivernage suivant. Elle est estimée par images satellitaires du programme européen Copernicus, puis comparée à la moyenne de toutes les années depuis 1999.
Le recul frappe d’abord les zones d’élevage : Tagant à 59 % de sa moyenne, Brakna à 65 %, Gorgol à 73 %, Assaba à 79 %, Hodh El Gharbi à 80 %. Le Guidimakha (88 %) et le Hodh Ech Chargui (90 %) sont moins touchés, et le Trarza fait exception à 121 %.
L’écart national reste modéré. La Mauritanie est classée parmi les pays proches de leur normale, loin des situations du Niger (84 %) et du Tchad (65 %).
L’organisation attribue le recul à un hivernage tardif et à des pluies déficitaires, dans un contexte de retour d’El Niño, et signale un risque de déficit fourrager, de tensions sur les pâturages et les points d’eau et de transhumances précoces.
Ce bilan intermédiaire sera complété par le bilan définitif attendu fin octobre. S’il se confirme, le déficit pourrait alourdir les achats d’aliment bétail, peser sur les revenus pastoraux et se répercuter sur l’offre de viande et de lait.

