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    « Avec ARMA, Nouakchott brille » : le slogan qui tourne au fiasco
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    Un an après le lancement de ses opérations dans la capitale, ARMA holding peine toujours à convaincre. L’entreprise, arrivée avec la promesse de moderniser la collecte des déchets et de rendre Nouakchott plus propre, fait désormais face à un constat difficile à masquer : les rues restent sales, les dépôts d’ordures se multiplient et les interventions apparaissent insuffisantes dans plusieurs communes.

    Sur ses camions, ARMA avait pourtant affiché un slogan ambitieux : « Avec ARMA, Nouakchott brille ». Aujourd’hui, cette formule se retourne contre l’entreprise. Dans de nombreux quartiers, les habitants continuent de vivre au milieu des déchets, tandis que les moyens humains et logistiques visibles sur le terrain paraissent peu adaptés à l’étendue et à la croissance de la capitale.

    Les critiques ne viennent plus seulement des citoyens. Plusieurs maires se plaignent de la faible présence des équipes d’ARMA, de l’irrégularité des passages et de la rareté des opérations de nettoyage approfondi. Les campagnes de ratissage, qui permettaient autrefois de mobiliser des équipes dans les quartiers pour évacuer les dépôts sauvages et nettoyer les espaces publics, sont devenues moins fréquentes.

    La comparaison avec la Société mauritanienne de traitement des déchets, la SMDT, est désormais inévitable. Cette dernière avait pourtant été fortement critiquée pour ses limites et ses insuffisances. Mais avec le recul, de nombreux élus et habitants estiment que sa présence sur le terrain était plus visible et que ses opérations de ratissage étaient plus régulières.

    Il ne s’agit pas de présenter la SMDT comme un modèle de réussite. Son bilan comportait lui aussi de nombreuses faiblesses. Mais ARMA avait été choisie pour faire mieux, avec une expertise internationale, des équipements modernes et un contrat annuel dépassant 706 millions MRU. Or, les résultats observés ne semblent pas à la hauteur des montants engagés.

    La situation a fini par provoquer une réaction officielle. Le ministre de l’Intérieur a convoqué les responsables de l’entreprise et jugé le niveau actuel de propreté de Nouakchott totalement inacceptable. Il a demandé la mise en œuvre immédiate d’un plan de rattrapage et menacé d’appliquer les mesures prévues par le contrat si aucune amélioration significative n’était constatée.

    Cette mise en garde pose plusieurs questions. Combien de camions et d’agents ARMA devait-elle mobiliser ? Combien sont réellement opérationnels ? Quelles pénalités ont été appliquées depuis le début du contrat ? Et sur quels critères les prestations de l’entreprise sont-elles contrôlées avant leur paiement ?

    À Nouakchott, le problème dépasse désormais la seule accumulation des déchets. Il concerne aussi la gestion d’un marché public coûteux, attribué à une entreprise qui avait promis une rupture avec le passé. Un an plus tard, la capitale ne brille toujours pas. Seul le slogan continue de s’afficher sur les camions.

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