Plus

    Lagouira : le fantasme commode de ceux qui n’ont rien fait de Nouadhibou
    L

    On parle beaucoup de Lagouira ces derniers jours, comme si la Mauritanie pouvait encore revendiquer un territoire auquel elle a renoncé en 1979. Le gouvernement militaire de l’époque était certes issu d’un coup d’État, mais il n’en représentait pas moins l’État mauritanien, que ses engagements continuaient d’obliger. Lagouira ne fait pas partie du territoire national tel qu’il résulte des frontières héritées de la colonisation. Elle appartient à l’ensemble territorial du Sahara occidental, dont le statut définitif demeure une question non résolue.

    La présence éventuelle d’une garnison mauritanienne à Lagouira ne change rien à cette réalité. Une présence militaire, quelles qu’en soient les raisons, ne constitue pas en elle-même un titre de souveraineté.Que le Maroc développe les territoires qu’il contrôle relève de ses propres choix. Notre responsabilité est ailleurs, dans le sort que nous avons réservé à Nouadhibou.

    Pendant des décennies, les gouvernements successifs ont disposé du temps et des ressources nécessaires pour faire de cette ville un grand centre industriel, portuaire et commercial. Sa position sur l’Atlantique, sa baie, ses richesses halieutiques et la proximité des ressources minières lui offraient des perspectives exceptionnelles. Pourtant, Nouadhibou demeure très en deçà de son potentiel, faute d’une politique de développement suivie et d’une ambition à la mesure de ses atouts.

    Il y a quelque chose de singulier à voir tant de Mauritaniens se passionner pour Lagouira alors que Nouadhibou, dont la souveraineté mauritanienne ne souffre aucune contestation, attend depuis des décennies qu’on lui accorde l’attention qu’elle mérite.

    Les revendications sur Lagouira tiennent aujourd’hui davantage du vœu pieux que d’une perspective sérieuse. Elles ne sauraient surtout dispenser nos gouvernants de répondre de ce qu’ils ont fait, ou plutôt de ce qu’ils n’ont pas fait, de Nouadhibou.

    Nous avons eu tout loisir de développer ce qui nous appartient. Il serait temps d’en tirer les conséquences avant de prétendre à ce qui ne nous appartient pas.

    Derniers articles

    Articles Liés